Chronique sur un sujet "brûlant"...
Les enfants de la télé
" ... Un phénomène préoccupant se développe depuis plusieurs années chez les enfants : la télé du matin. Certains enfants, de 6, 8 ou 12 ans, se lèvent avant tout le monde pour aller regarder des dessins animés. Parfois pendant plus de deux heures avant de partir à l'école.
D'autres prennent leur petit déjeuner le poste allumé, et à peine levés, se frottent les yeux pour bien profiter des images qui leur sont proposées. D'autres encore ont obtenu l'autorisation de leurs parents pour un quart d'heure ou une demi-heure de télévision, coincé entre la fin du petit déjeuner et le départ pour la classe.
Ces pratiques ne sont guère favorables à la réussite scolaire : l'enfant, déjà, se couchant plus tard, avec elles, il diminue encore son temps de sommeil et augmente sa fatigue.
Par ailleurs, alors que les premières heures après le réveil sont, en général, assez favorables à l'attention et à la mémorisation, il les gaspille à une activité qui ne lui apporte pas grand chose. Enfin, il commence la journée avec des préoccupations purement récréatives qui rendront difficile la mise au travail...
Il serait temps que nous ayons le courage de regarder en face cette question, plutôt que de chercher, dans les méthodes pédagogiques, d'improbables boucs émissaires pour les difficultés scolaires de nos enfants."
D'autres prennent leur petit déjeuner le poste allumé, et à peine levés, se frottent les yeux pour bien profiter des images qui leur sont proposées. D'autres encore ont obtenu l'autorisation de leurs parents pour un quart d'heure ou une demi-heure de télévision, coincé entre la fin du petit déjeuner et le départ pour la classe.
Ces pratiques ne sont guère favorables à la réussite scolaire : l'enfant, déjà, se couchant plus tard, avec elles, il diminue encore son temps de sommeil et augmente sa fatigue.
Par ailleurs, alors que les premières heures après le réveil sont, en général, assez favorables à l'attention et à la mémorisation, il les gaspille à une activité qui ne lui apporte pas grand chose. Enfin, il commence la journée avec des préoccupations purement récréatives qui rendront difficile la mise au travail...
Il serait temps que nous ayons le courage de regarder en face cette question, plutôt que de chercher, dans les méthodes pédagogiques, d'improbables boucs émissaires pour les difficultés scolaires de nos enfants."
Philippe MEIRIEU, La Vie, n° 3205 du 1er février 2007
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